Chap. 30 : Pensées de Freya dans son bain

février 21st, 2008 by freya

Dela buée envahissait la salle de bain. Le bassin creusé à même le bloc delapis-lazuli, empli d’une eau chaude et parfumée, occupait la plus grandepartie de l’espace. 

Freyavenait de se dévêtir, les yeux fermés elle prenait son temps. Elle avança sonpied et effleura la surface plane de l’eau du bout de ses orteils pour enévaluer la température. Un sourire de contentement se dessina doucement. 

Lentement,elle glissa sa cheville et descendit la première marche, puis la suivante. L’eauremontait le long de sa jambe galbée. Elle marqua une pause lorsque l’ondeatteignit le haut de ses cuisses, se pencha en avant, plongea ses mains, écartases doigts, puis les resserra et prenant un peu d’eau dans ses paumes, mouillases bras.

Unlong frisson de plaisir remonta le long de son dos. Son sourire s’accentua.Elle se cambra en arrière et se laissa couler plongeant toute entière.

Quelquessecondes, puis, d’un mouvement souple, elle ressortit, sa longue chevelure disposéecomme une parure humide sur ses épaules rondes. 

 En soupirant d’aise, elle s’accouda au bord etcommença à se relaxer après les tensions de cette journée d’entraînement. 

Elletentait de relativiser les derniers évènements, mais elle ne pouvait s’empêcherde froncer les sourcils. La mère d’Hinge n’avait pu venir chercher le chevalierque dans un seul but : l’emmener dans la Salle des Lames Engourdies. 

Elles’était énervée, tapant du talon sur le sol, lorsque Munin était venu lepremier jour lui rappeler sa mission. Mais, au fil des heures passées aux côtésde cet homme,  elle s’était étonnée de saténacité et de sa volonté, et, aujourd’hui, elle devait reconnaître que,contrairement à ce qu’elle avait craint au premier abord, il n’était pas simauvais que cela à la course, qu’il avait écouté tous les conseils qu’elle luiavait prodigués s’appliquant toujours à les suivre scrupuleusement, et lorsquele résultat n’était pas celui escompté, il recommençait encore et encore. 

Certes,le maniement de la javeline lui était devenu plus familier, mais il n’arrivaittoujours pas à ficher l’arme convenablement dans l’obstacle qui lui étaitdésigné. Le temps manquait pour qu’il assimile complètement la technique. 

Pouraffronter les dangers qu’il allait rencontrer sur la phase finale de la quête,il lui faudrait avoir réussi à acquérir l’essence de la mémoire de chaqueélément. 

Celuide l’arme de lancer était tout naturellement le vent.  Mais jamais aucune guerrière n’y étaitparvenue jusqu’à présent. Une véritable énigme quant à la manière del’obtenir ! Aucun écrit ou document d’aucune sorte, même pas l’ombre d’unelégende ne mentionnait un détail permettant de découvrir le lieu où le trouverou encore sous qu’elle forme il se présentait.

Alorscomment le chevalier pourrait-il réussir là où toutes les plus valeureuseswalkyries avaient échouées ? 

Lesâmes de ses ancêtres sauraient s’il méritait de porter les armes de certainesd’entre elles. Mais, elle connaissait toutes les implications de cette visite,et même si  elle savait que ce jourviendrait, elle ne pouvait s’empêcher de craindre le moment où il lui faudrait regardercet homme dans les yeux. 

Unbruit dans la pièce voisine la sortit de sa rêverie. Sans doute luiapportait-on son repas ? A cette pensée, son estomac se manifesta par unecrampe fort peu agréable. 

Ellese redressa, attrapa un morceau de savon, le fit glisser le long de son bras,effleura son aisselle, puis revint lentement sur sa poitrine. Elle le passasous l’arrondi de son sein, descendit le long de son ventre musclé, frottadélicatement sa hanche avant de le passer sur ses fesses, reins creusés,cuisses légèrement écartées, dans une posture très évocatrice de sa sensualité.

Elletermina rapidement, se rinça et attrapa une grande serviette de bain dont ellese drapa en sortant du bassin. Pieds nus, elle rejoignit la table où un dînercopieux l’attendait.

Ellemangea de bon appétit et se coucha fatiguée mais dans l’attente du lendemainqui viendrait bien assez tôt.

Chap. 29 : La Salle des Lames Engourdies

février 19th, 2008 by freya

Lespremiers rayons du soleil étiraient leurs bras engourdis de la nuit. La rosées’évaporait lentement comme un voile s’effaçant pour révéler la beauté de lanature à celui que le sommeil avait fui très tôt.

 

Danscette humidité ambiante, toutes les senteurs se mélangeaient à la terre et merappelait les sous-bois dans lesquels je chassais jadis lorsque ma vie n’étaitque succession de fêtes, tournois, duels d’honneur, course après desdemoiselles effarouchées que je culbutais sans vergogne dans quelque grange,amusements aux dépens des serfs, une vie qui me paraissait bien futilemaintenant. Je secouais la tête à ces souvenirs importuns.

 

Al’entrée de l’arène, je fis une pose, respirais à plein poumon en bombant letorse, serrait les poings, pliait les genoux, avant de m’élancer pour monpremier tour de piste.

Ama grande stupéfaction, Darkhan se mit à courir à mes côtés de sa démarchesouple, ses pattes semblant à peine toucher terre. Je ne posais pas dequestion, préférant me concentrer sur mon allure que j’augmentais petit à petitafin de trouver le rythme qui me permettrait d’acquérir l’endurance nécessaire,avant de m’essayer à la vitesse. 

Lorsquele jour éclaira tout le terrain d’entrainement, Freya fit son apparition,accompagnée du reste de la meute. L’astre solaire éclairait sa chevelure commeune auréole de feu. Toujours habillée de la même tenue de cuir, elle m’observapendant quelques tours. Puis, elle vint remplacer le loup qui rejoignit lesautres à la même place que la veille. 

Côteà côte pendant deux tours, elle accéléra l’allure, je suivis, elle forçaencore, je suivis plus difficilement. Enfin, elle s’arrêta. J’étais essoufflé,mais content d’avoir mieux réussi. 

-BonjourChevalier. Vous êtes matinal aujourd’hui ! 

-BonjourDame Freya, répondis-je entre deux respirations bruyantes, je voulais profiterde l’aube pour commencer afin de ne pas vous faire perdre votre temps.

 
-Vousne me faites pas perdre mon temps. Mon devoir est de vous entraîner afin quevous puissiez réussir votre quête. Désormais, je serais là aussi dès le leverdu soleil. Tenez buvez un peu. Ensuite, nous reprendrons le maniement de la javeline. 

Etainsi, s’écoula cette journée et les deux semaines qui suivirent. Mon enduranceà la course s’améliorait, je n’arrivais pas à semer la Reine, mais ellen’arrivait plus à me doubler lorsque je ne partais qu’avec un tour d’avance. 

Aufil des jours nos rapports avaient évolué. Elle ne s’adressait plus à moi surle même ton de commandement. Je sentais poindre en elle un certain respect toutau moins pour les efforts que je fournissais afin de parvenir au niveaunécessaire pour être l’élu qui ramènerait le voile de Nerthus avant laprochaine pleine lune afin de sauver la vie de son frère jumeau Ingmar et parconséquence de tout le peuple des walkyries. 

Certesmon adresse au lancer se révélait plus aléatoire. Mais, elle ne semblait pass’inquiéter outre mesure de ce que je considérais déjà comme une faiblessepropre à être un obstacle à la réussite de ma mission. 

Régulièrement,Munin et Hugin survolaient l’aire sablée, ils allaient rendre compte à Odin demes progrès.

Maisoù en étais-je véritablement ? Combien de temps encore avant d’être obligéde partir ? Combien de jours dureraient ce voyage ? Quim’accompagnerait ? Qui ou quoi allais-je devoir affronter ? Etcomment ce voile pourrait-il sauver tout un peuple ? Autant de questionsqui ne trouvaient aucune réponse malgré les jours et les nuits qui défilaient. 

Cesoir là, Brunhilde apparut au portail juste au moment où nous venions d’enterminer. 

-Bonsoirchevalier, suis-moi !

-BonsoirBrunhilde, où allons-nous ? 

Elletournait déjà les talons. Darkhan et moi la suivîmes dans un dédale decouloirs. Arrivés devant une porte de chêne dont le centre était gravé d’unerune dont l’or semblait palpiter comme un cœur, Brunhilde s’effaça. 

-Tudois entrer seul. Nous t’attendrons ici. 

Jeregardais alternativement la walkyrie et le chef des loups, puis je fis un pas,posais ma main sur le vantail dont la tiédeur me surprit. A peine mes doigtsavaient-ils exercé une légère pression qu’il s’ouvrit sans peine et sans bruit.Seul un rond de lumière au sol, j’avançais, le cercle se déplaça guidant mespas dans la pénombre. La porte se referma et la luminosité s’accrut peu à peupour éclairer toute la pièce. 

Lesmurs étaient recouverts du sol au plafond d’armes de toutes sortes. Des pluscourantes comme des épées, des javelines, des marteaux, des boucliers, d’autresressemblaient à de longs couteaux de différentes tailles incurvés comme deslunes. 

Unevoix résonna dans ma tête. 

-Icisont rassemblées toutes les armes des guerrières mortes en combattant pourleurs Dieux, leur peuple, leur honneur. Chacune a le souvenir des affrontementsauxquels elle a participé. Approche. Touche-les et si l’une d’entre elle veutte servir, alors elle se lovera dans ta main et te le fera sentir. 

Jerestais un instant interdit. Je ne m’attendais pas à devoir être choisi par uninstrument. Ce n’était qu’un objet après tout et pour moi seules l’adresse etl’habileté alliées à l’entrainement et l’expérience pouvaient faire ladifférence lors d ‘un combat. Mais la magie était décidément partout dans cemonde. Elle imprégnait chacun et chaque chose, les reliant pour un destincommun. 

Jene savais par où commencer. Je laissais mon regard effleurer les différentsbois, métaux, arcs, couteaux, etc. 

 J’avançais vers une première épée, rien, uneautre, rien et ainsi de suite, quand, au moment où j’allais retirer ma main, jesentis comme un picotement. Je posais à nouveau mes doigts sur le pommeau,celui-ci se coula dans ma paume. Je pris donc l’étui et dégainais une longueépée damasquinée. Elle était légère dans ma main alors qu’elle semblait peserplusieurs kilos. 

Fortde cette première trouvaille, je poursuivais, une javeline, puis un bouclierrejoignirent l’épée. Ainsi équipé, j’allais ressortir de cet incroyable endroitlorsque je reçus une tape légère sur mes reins.

Instantanément,je lâchais la javeline et épée brandie, bouclier sur le dos, je me retournaisprêt à me défendre. Au lieu et place d’un ennemi quelconque, il n’y avait quele vide !

D’oùpouvait bien venir cette sensation?

Fantasy Blog – Acrostiche

février 18th, 2008 by freya

F lânant surles routes de l’internet

A u détour d’unclic de souris

N ’ai-jepoint vu apparaitre

T alismans,sortilèges et maléfices ?

A llons,allons point d’inquiétude

S ur ce blogque d’agréables lectures

Y aurait-ilun autre endroit

B ouleversantautant et aussi bien

L a quiétudede notre quotidien?

O ublionstout et partons découvrir

G énérositéet convivialité

Chap. 28 : Début de journée

février 15th, 2008 by freya

Jeme réveillais après un profond sommeil sans rêve. J’étirais chacun de mesmembres l’un après l’autre, tous mes muscles renâclaient à la tâche. Mais, ilme suffisait de penser au doux et énergique visage de la reine pour que laferme volonté de réussir m’imprègne à nouveau.

Jesautais plus lourdement que je ne l’aurais voulu au bas de mon lit, allais d’untapis à l’autre jusqu’à la salle de bains. La vasque était toujours pleined’une eau tiède et bienfaisante. Comment ? Je ne me posais plus la question,tout relevait de la magie dans cette tour. Et je ne fus pas autrement surprisde découvrir un copieux petit déjeuner sur la table en endossant ma chemise.

Quelleheure était-il ? Aucune fenêtre ne donnait cette indication. Tout endévorant avec appétit une tartine de pain, je songeais à mon intrusion dans lavie intime de la louve avec ses petits.

Toutdoucement, je pensais à elle. Je reconnus la sensation éprouvée la veille,j’avançais lentement. Elle était réveillée, l’allaitement du matin venait de seterminer. Je sursautais lorsque je me rendis compte qu’elle « s’étaittournée » vers moi. 

-BonjourMaître. 

-BonjourAlpha, comment vas-tu ? 

-Beaucoupmieux, Maître. La meute prend soin de moi et de ma portée comme il est d’usagedans notre société. 

-Jesens comme une interrogation. Aurais-tu quelque chose à me demander ? 

-Jene veux pas vous déranger Maître. Mais, je me dois de vous répondre. C’est ausujet de dernier né de la portée. Il est très différent des autres et même detous les petits que j’ai eu.

-Différentde quelle manière ? Demandais-je très dubitatif quant à mes capacités àévaluer la situation, étant donné le peu de connaissances que j’avais sur cetteespèce. 

-Hiersoir, Darkhan et moi avons eu une conversation au cours de laquelle notre chefs’est montré assez, euh, comment pourrais-je dire dans votre langage,« grognon », toute la portée a eu peur et s’est retirée, mais paslui, il a bien montré les signes de son respect de la hiérarchie, mais sansaucune frayeur.

Lorsqueles bébés deviennent des louvards à quatre mois, le Maître des loups les sondeafin de connaître leur caractère et de s’assurer de leur loyauté. Parfois, danscertains cas, cet examen peut être effectué beaucoup plus tôt. 

-Mais,il vient à peine de naître, n’est-ce pas trop tôt ? Et tu le sais, je n’aipas encore pratiqué un tel acte. 

-Oui,Maître, il faut attendre deux mois encore. Et ce sera à vous de décider. 

-Bien,nous en reparlerons. Bonne journée Alpha. 

-MerciMaître, il faut que vous sachiez que nous sommes tous avec vous. Nous avonsconfiance dans vos capacités et admirons votre courage. 

Uneintense vague de chaleur m’envahit en entendant ces derniers mots, un peu commesi toute la meute s’était jointe à Alpha, peut-être était-ce le cas ? Jesouris. Décidément, je n’aurais de cesse d’être étonné des bizarreries de mondestin.

Jeterminais promptement mon petit-déjeuner et en ouvrant la porte, je découvrisDarkhan qui m’attendait. 

-BonjourMaître. 

-BonjourDarkhan lui répondis-je de la même manière, sans ouvrir la bouche, allons nousentraîner. 

-LaReine n’est pas encore là, vous serez seul pour commencer. 

-Celame convient très bien, dis-je en pressant le pas.

 

Amour

février 15th, 2008 by freya

Il y a l’amour et l’Amour.

Celuiavec un petit a et celui avec un grand A.

 

Il y a l’amour des petites gens
et l’amour des grands de ce monde
Il y a l’amour des enfants
et celui des grandes personnes
Il y a l’amour des gens de petite taille
et celui des gens de taille « normale »
Il y a l’amour d’une nuit
et celui qui dure toute la vie

Y-a-t-il plusieurs « amour »
ou bien y-a-t-il différentes façons d’aimer ?

Il y a l’amour tendre
et l’amour cruel
Il y a l’amour charnel
et l’amour platonique
Il y a l’amour coup de foudre
et l’amour romantique
Il y a l’amour débutant
et l’amour finissant

Et vous, comment aimez-vous ?

 

Interrogation

février 13th, 2008 by freya

Bonjour,

J’ai mis le chapitre 27 de ma nouvelle, qui prend des allures de roman au fil du temps et des idées qui me viennent, en ligne et je dois avouer que je m’interroge sur la nécessité de continuer à le faire.

Au départ, j’ai mis cette nouvelle sur mon site parmi tous les autres textes que j’écris. Classés par catégorie chacun y lit ce qu’il veut.

J’ai découvert au hasard de mes surfs sur le net, la possibilité d’ouvrir un blog dans l’univers de la fantasy. Comme, c’est le cadre de La Walkyrie, j’ai donc décidé d’en créer un.

Mais aucun commentaire, bon ou mauvais, les deux pouvant être constructifs ne m’indiquent si quelqu’un en suit la lecture au fil des chapitres. Certes, me direz-vous, il y a le nombre de passage sur le texte, je dis passage et non lecture, car rien n’indique que les personnes sont allées au dela des premiers mots.

Donc, que faire? 

Chap. 27 : La Sagesse d’Alpha

février 9th, 2008 by freya

Dansla tanière régnait une douce chaleur. Alpha allongée sur un épais tapisd’herbes sèches se laissait aller tandis que ces huit affamés la tétaientgoulument. Quelle voracité ! Quelle vigueur !

Elleétait heureuse que sa dernière portée soit aussi bien réussie. Le maîtrepouvait être fier de son travail. Comme il était différent de ceux dont samémoire génétique gardait le souvenir.

Ellesoupira profondément, poussa du bout de son nez le petit dernier qui avaittoujours un peu de mal à se faufiler au milieu de ses frères et sœurs. 

-Allez,vas-y, prends ta part, il te faut devenir grand et fort pour servir ce maître. 

Ilémit un léger cri et attrapa le mamelon. Il était très différent, prenait sontemps, savourait cet instant auprès de sa mère, un peu comme un petit d’homme,elle ressentait pour lui une tendresse particulière. 

Darkhanentra à ce moment-là. Il apportait un énorme poulet qu’il déposa juste devantla louve. Avant de s’asseoir, observant le manège des loupiots.

 -Tiens,mange, ces chenapans vont finir par t’épuiser. 

-Merci,mais après eux tu sais bien qu’il n’y en aura plus, répondit-elle tristement. 

-Allons,le Maître a demandé de tes nouvelles. Il ne se sert pas encore de son pouvoirde manière instinctive. Il a beaucoup à apprendre et peu de temps pour yarriver. Cela m’inquiète par moment, même si je sais que les dieux ne l’ont paschoisi au hasard, soupira-t-il en s’allongeant la tête sur ses pattes. 

-Tudevrais avoir plus confiance dans le destin, le maître vient juste dem’approcher il y a quelques minutes. Il n’est pas comme ses prédécesseurs. Lorsde la naissance, il avait peur de ne pas savoir s’y prendre. Il ne s’impose paspar la force mais par la persuasion.

Ilest beaucoup plus puissant que tu l’imagines, Darkhan, et que lui-même en estconscient. Ce respect de la vie qu’il vient d’acquérir renforce son pouvoir ets’il développe de la compassion envers ses ennemis, il sera le plus puissantMaître des Loups de tous les temps.

 -Allons,Alpha, ceci n’est qu’utopie ! grogna le chef de la meute, un loup ne peutêtre magnanime ! Nous sommes des prédateurs ! Nos ennemis nous lestuons sans pitié ! Notre Maître est un exemple pour nous, commentpourrait-il laisser la vie sauve à un adversaire ? 

Ilse leva et se mit à tourner en rond, en proie à une grande confusion. Tout aulong de cette première journée d’apprentissage, il avait vu son Maître, cethumain d’un autre monde souffrir en serrant les dents, écouter les remarques dela Reine, en tenir compte et recommencer encore et encore. Il ne s’était jamaisplaint, animé d’une volonté qui forçait l’admiration du vieux loup qu’il était. 

Lesaffamés repus s’étaient reculés devant l’accès d’humeur de leur aîné, seul ledernier restait confortablement installé contre le ventre, nullement effrayé. 

-Commentet quand je ne le sais pas, peut-être jamais, mais réfléchis Darkhan, le destinest tracé et qu’il ait été là pour m’aider à mettre au monde ma dernièreportée, ne peut être une coïncidence. 

Alphaavait cette sagesse des vieilles louves qui ont beaucoup vécu, souffert dansleur chair et dans leur cœur en voyant mourir leur progéniture parfois tropjeune. Il devait bien reconnaître qu’une nouvelle ère était en train de poindreet qu’ils allaient en être les acteurs à part entière. 

-Demainsera encore une dure journée pour le Maître et toi, tu dois te reposer, laisseles autres femelles s’occuper des petits ! 

-Jeferais comme tu le veux. Mais, laisse moi celui-là, il n’est pas comme lesautres. Au premier abord il a l’air plus chétif et plus timide, mais je ne lecrois pas. Vois comme il est calme alors que tu t’agites. 

-Oui,tu as raison, ce n’est pas courant, répondit le chef et grognant avec un légermécontentement devant ce qu’il prenait pour de l’insolence. Mais, le jeune loupbaissa la tête et la queue en soumission, par déférence mais sans crainte.Darkhan inclina son museau vers lui, le renifla et le fixa. 

-Laisse-moile sonder, Alpha ! 

-Non !C’est au Maître de le faire ! Maintenant c’est à lui de prendre cetteresponsabilité, tu le sais Darkhan !

 -Bien,nous verrons  grommela-t-il, dormonsmaintenant.

Chap. 26 : Réflexions

février 3rd, 2008 by freya

Le soleil descendu derrière les murs, la fraîcheur de la nuit provoqua un frisson le long de mon dos tout en sueur. 

-Maître ?
La voix de Darkhan me tira de mes pensées. Me tournant vers la meute, je me demandais l’espace d’une seconde s’il pouvait lire en moi. 

-Non, maître, je ne puis lire en vous que ce qui m’est adressé, comme cette question que vous venez de vous poser, de même seul le loup auquel vous vous adressez est réceptif, mais vous pouvez vous adresser à nous collectivement. 

-Je découvre au fur et à mesure toutes les possibilités et les conséquences de ce nouveau pouvoir.

-Je suis et serais toujours là pour vous guider, Maître. Maintenant que l’entraînement est fini, nous pouvons à nouveau vous aider. 

-Pourquoi cela vous est-il interdit durant ce laps de temps ? 

-Je ne sais pas, Maître, nous savons ce que nous devons faire et ne pas faire, mais pas toujours les raisons qui dirigent ces choix. Donc, si vous le souhaitez, lorsque vous vous sentirez prêt, vous pourrez vous exercer. Si je peux me permettre, c’est même indispensable que vous maîtrisiez totalement le pouvoir des loups avant de partir. 

-Bien. La journée a été dure. Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir été à la hauteur des espérances de la Reine, mais je n’abandonnerais pas ! Dis-je en serrant les poings. Comment vont Alpha et ses petits ? 

-Elle se remet petit à petit, les louveteaux sont pleins de vie. Mais vous pouvez le savoir par vous-même Maître. 

-Je n’en ai pas encore le réflexe, et je ne voulais pas la déranger, si elle se reposait. 

-Ses marques de respect vous honorent, nous y sommes très sensibles de la part de notre Maître. En affinant votre contrôle sur la puissance de votre pouvoir et vous pourrez nous sentir sans pénétrez trop profondément dans notre esprit. Nous ne sentirons alors qu’un léger frôlement portant votre marque.

Je regardais Darkhan et ses frères. Ils s’étaient levés, positionnés en un arc de cercle dont j’étais le centre. Ils attendaient mon bon vouloir. 

-La journée a été longue, je vais regagner ma chambre. Vous pouvez aller vaquer à vos occupations, dis-je à haute voix tout en essayant de faire résonner mes paroles dans ma tête. 

Toute la meute, sauf son chef, émit un grognement que je ressentais comme un au revoir plein de déférence. Même si j’avais du mal à comprendre mon nouveau rôle de Maître des loups, je devais avouer que je ne regardais plus ces prédateurs de la même façon.

Darkhan m’accompagna jusqu’à la porte de mes appartements, puis me laissa. 

J’entrais, ôtais à la hâte mes vêtements malodorants de la transpiration des efforts physiques de mon entraînement et entrais avec une joie que je criais brièvement dans l’eau chaude de la baignoire. 

Dans le silence ancestral de ces lieux, mon esprit vagabondait, ressassant les différentes questions qui restaient toujours sans réponse. 

Je songeais également à la louve, me remémorant cette expérience unique pendant laquelle j’avais été en elle, aidant la vie à naître. Sa satisfaction d’avoir mené à son terme sa dernière portée m’emplit et me fit réaliser que c’est directement en elle que je puisais ces sentiments. Tout doucement, je m’avançais un peu plus vers elle par la pensée et sus où elle était et ce qu’elle faisait. Je me retirais aussitôt, me sentant comme un voyeur violant son intimité. 
Je sortis rapidement, me séchais et après un repas frugal, je m’endormis comme une souche.

Chap. 25 :La Javeline

février 2nd, 2008 by freya

Le balancement de ses hanches me donnait envie de la saisir à bras le corps, de plonger mes yeux dans les siens, pour savoir ce qu’elle me cachait. Je me rendis compte à cet instant de mon désir intense pour cette femme qui ne s’occupait de moi que forcée et contrainte par son devoir de reine. L’accablement que je ressentis à cet instant, me fit comprendre que le seul moyen que j’avais de regagner un peu de son estime était d’être à la hauteur de ses efforts. Je respirais profondément et mû par une volonté nouvelle, je m’avançais de quelques pas.

-Nous allons terminer par quelques essais de cette arme. Prends-là dans ta main. La connais-tu ?

-Euh, non. Je n’ai jamais combattu qu’à l’épée ou à la lance dans des tournois. Un noble ne combat qu’à cheval ! Dis-je en redressant la tête, ma fierté d’antan refaisant surface. 

-Tu ne combattras plus comme un cavalier. D’une part c’’est contraire à l’honneur des walkyries, d’autre part nous ne nous servons de ces animaux que pour nos incursions dans ton monde. Pour ton voyage jusqu’au lac de Jutland, deux poneys vous accompagneront et uniquement pour porter vos affaires. 

-Vous accompagneront ? Tu ne viendras donc pas avec moi ? Qui alors ? 

-Chaque chose en son temps ! Es-tu prêt ? 

-Allons-y, répondis-je en soupirant et en baissant les bras, pourquoi est-ce que je m’obstine à poser des questions qui, à chaque fois, restent sans réponse! 

Elle haussa les épaules semblant elle aussi subir cette situation. Etrange réaction ! 

-La javeline est une arme de lancer qui, bien envoyée, te permet de tuer ton ennemi ou bien de le blesser parfois suffisamment pour te permettre de brandir ton épée. Elle ne te servira à rien en combat au corps à corps, même contre un ennemi plus petit. Prends-la fermement dans ta main droite, équilibre-la pour que le poids de la pointe soit un atout pour atteindre ton but. Comme ceci ! 

Je regardais la Reine tourner son poignet pour affermir sa prise sur le manche, puis, sans bouger ses pieds bien ancrés dans le sol, simplement par un mouvement conjoint du torse, de l’épaule et du bras, envoyer sa lance à plus de 100 mètres. Elle se ficha en résonnant dans un poteau de la taille d’un grand mât à l’autre bout de l’arène. J’écarquillais les yeux devant ce qui pour moi confinait à l’exploit. Mon regard allait de l’arme à cette guerrière accomplie. Elle n’avait même pas sourcillé, ne paraissait pas avoir fourni le moindre effort, un simple geste et le résultat était là. 

-Allez, à toi ! 

Oui, me disais-je, à moi. Puisant dans ma volonté toute nouvelle, je fis sauter la javeline dans ma main, essayant de la tenir correctement. Pas aisé, une fois trop en avant, puis un peu trop en arrière, elle oscillait de droite et de gauche. Enfin, la stabilité me parut atteinte. Un coup d’œil vers Freya ne me donna aucune indication, son regard se perdait au loin, au-delà de l’espace sablé, des gradins, des colonnades, très haut dans le ciel. Deux corbeaux venaient vers nous, volant de concert, se laissant porter par les courants ascendant et descendant. Le noir de leurs ailes se teintait d’or sous les rayons du soleil. Ils survolèrent un instant l’arène, puis repartirent. 

L’attention de la reine se reporta sur moi. 

-Qui sont ces corbeaux ? En disant ces mots je me rendais compte qu’instinctivement je pressentais qu’ils n’étaient pas que de simples oiseaux. 

-Ce sont Hugin et Munin les corbeaux d’Odin. Ils parcourent le monde chaque jour et lui rapportent tout ce qu’ils voient. Ta prise n’est pas mauvaise, lance-la ! 

Essayant de reproduire le mouvement de lancer de Freya, je tentais mon premier essai. Elle vola quelques mètres puis retomba à plat sur le sol. 

-Vas la chercher et recommence. Dans un premier temps, ne pense pas à la distance, mais plutôt à réussir la courbe qui te permettra d’atteindre ta cible et de planter la pointe dedans. 

Malgré mes efforts, le bilan fut bien en-dessous de ce que j’espérais. Mais, elle continuait sans relâche à corriger mes erreurs. Le jour déclinait, quand nous nous arrêtâmes. Je ne sentais plus mon bras. Mes jambes ne me portaient que par miracle. 

-Demain, nous reprendrons comme aujourd’hui. Tu dois t’entrainer tous les jours de l’aube au coucher du soleil ! Tu n’as que peu de temps pour acquérir des années d’expérience. Puisse les dieux t’apporter leur soutien !

Tournant les talons, elle quitta les lieux de sa démarche altière. J’aurais volontiers caressé quelques mèches de ses longs cheveux blonds qui s’étaient échappés de sa coiffure et qui dansaient au rythme de ses pas.

Chap. 24 : L’entrainement

janvier 28th, 2008 by freya

Voyons ce que je savais faire ? L’autorité et la froideur du ton de Freya me firent sursauter.

-Faire ? Mais comment, avec quelle arme ?

-Pas d’arme pour l’instant. Tu dois savoir que celles que tu devras manier non rien de comparable ton ancienne vie. Tes ennemis ne seront pas que de chairs et de sang. Il te faudra inventer de nouvelles tactiques, trouver des ruses,  maîtriser ton pouvoir. Donc, voyons déjà ton endurance. Commence par courir autour de cette arène. Dix tours, je te laisse un tour d’avance. Si je ne te rattrape pas alors tu auras le choix de l’arme. Sinon, on recommence.

Quel défi ! Je m’attendais à tout sauf à cela. La plus longue marche que je n’aie jamais faite était lorsqu’Hinge m’avait capturé. J’étais un cavalier, non un fantassin !

-Pourquoi courir ? Nous avons des chevaux pour nous déplacer.

-Les chevaux ne pourront aller là où le destin semble vouloir t’envoyer. Cours et tais-toi !

Son ton péremptoire m’obligea à obéir.

Je partis trop vite et au bout du cinquième tour, je m’essoufflais tant que Freya n’eut aucun mal à me rattraper. Vexé, je m’arrêtais, les mains sur les hanches, respirant avec peine, de la sueur me coulait dans les yeux que j’essuyais maladroitement. Je m’attendais à une réprimande. Au lieu de cela, elle me tendit une gourde. Je bus quelques gorgées d’eau fraîche. Elle semblait à peine essoufflée, aucune transpiration, le soleil illuminait ses cheveux.

-Allez, on recommence.

Cette fois, je démarrais moins vite, mais elle ne m’en devança pas moins au bout de quelques tours.

La meute regardait son maître se ridiculiser. Mon orgueil souffrait autant que mes muscles. Mes poumons brûlaient comme une forge. Darkhan dû sentir mon désarroi.

-Maître, continuez, nous ne pouvons vous aider, cela nous est interdit. La Reine s’entraîne depuis sa naissance, vous ne pouvez l’égaler en quelques heures.

Le soleil atteignait le plus haut de sa course lorsqu’un corbeau se posa sur le râtelier d’armes au moment où Freya allait une fois de plus me doubler.

Elle stoppa net devant lui. Surpris, je m’arrêtais à mon tour. L’oiseau au plumage noir la regardait droit dans les yeux, il semblait communiquer avec elle par la pensée.

Je vis les muscles de son dos se raidir. Ses poings se serrer et se desserrer convulsivement. Visiblement, elle bouillait ! Elle tapa du talon sur le sol, s’inclina et se tourna vers moi.

Son regard, au-delà de mon épaule, exprimait un mécontentement manifeste.

-Bien, tu vas te reposer, un repas va nous être apporté, ensuite nous reprendrons ta mise en condition.

Mes yeux essayant de capter les siens :

-Pourquoi ne me regardes-tu jamais ?

-Parce que tu n’es pas prêt chevalier, et moi non plus !

Je me rapprochais de quelques pas :

-Prêts à quoi ?

-Il y a beaucoup de choses que tu ignores sur ton pouvoir et sur ta destinée, sur le voile de Nerthus également. Tu dois poursuivre ton entraînement, acquérir endurance, dextérité et agilité. Apprendre à manier les différentes armes que tu vois exposées ici. Ensuite, les choses viendront d’elles-mêmes.

-Bien alors mangeons et reprenons ! Je n’ai pas de temps à perdre apparemment, surtout si mes ennemis sont aussi terribles!

A grandes enjambées, je rejoignais la porte, quittais l’arène pour me retrouver dans la petite salle où les combattants devaient attendre.

Un banc de chaque côté d’une table sur laquelle une walkyrie disposait viandes froides, pain, fruits et boisson.

Je m’attablais au moment où Freya entrait.

-La colère est mauvaise conseillère.

Je ne répondis pas. Je tournais et retournais dans ma tête toutes les possibilités de parvenir à connaître tous les tenants et les aboutissants de cette aventure qui ne cessait de se compliquer. J’avais l’impression de n’être qu’un jouet entre les mains de puissances divines. Quel serait mon avenir à la fin de cette quête ? Y aura-t-il encore d’autres mystères ? Allais-je enfin pouvoir vivre tout simplement ?

L’odeur suave du parfum de la Reine mettait mes sens en éveil. Les battements de mon cœur s’accélérèrent. Je terminais rapidement ma dernière bouchée, me levais, et gagnais à nouveau l’aire sablée.

Les loups qui m’avaient suivi pour boire et se restaurer, reprirent leur place.

Darkhan me fixa, je me laissais faire. Je sentis comme une onde de calme me traverser.

Mes jambes se mirent en route, mon cerveau n’avait plus qu’un seul but : courir et réussir!

D’abord à petites foulées, puis de plus en plus vite, j’allongeais mes enjambées. Freya ne me rattrapa qu’au huitième tour.

Nous continuâmes encore deux fois sur cette lancée.

Après une pause, elle alla chercher deux javelines dont le tranchant de la lame reflétait les rayons du soleil.