Archive for the ‘Fiction’ Category

Ulysse

samedi, janvier 26th, 2008

Et si les chiens pouvaient parler que raconteraient-ils? 

 

Hum ! Voyons que me dit mon horloge, encore un moment et mon maître va arriver. Allons, un effort, je relève la tête, j'étire mes pattes de devant, soulève mes reins, baille à m'en décrocher la mâchoire. Ca y est me voilà sur mes quatre pattes, je me secoue, histoire de redonner de la tenue à ma fourrure (ben quoi on a sa petite fierté !).

Je me dirige vers la porte d'entrée, mes coussinets bien au frais sur le carrelage. Bon, encore quelques … non, je ne peux pas dire "minutes" puisque nous les animaux nous ne mesurons pas le temps comme les humains (entre nous, qu'est-ce qu'ils se compliquent la vie avec tous ces chiffres !), notre métabolisme est réglé à l'affection, à son contentement et à son manque. Donc, disons encore quelques battements de cœur et je vais entendre ses pas sur le gravier de l'allée. Allons. Assis ! Oreilles en alerte, truffe en action !

Ca y est, oui, youpi, c'est lui, oui, enfin, debout, ma queue fouette l'air, je tourne en rond, la clef dans la serrure, je recule de quelques bouts de pattes, je m'abaisse, la porte d'entrée s'ouvre. Enfin ! Je m'approche, tends ma tête pour que sa main qui s'avance flatte mon encolure, pour que sa voix emplisse mes oreilles de tonalités pleines d'amour, pour mieux me coller à ses jambes. Je me roule à ses pieds, il s'accroupit, chatouille mon ventre, je grommelle de bonheur, remue ma tête de droite et de gauche, ma queue bat la mesure sur le sol. Nous avons tant besoin de ce contact l'un et l'autre !

Allez, en route pour la promenade. Il a besoin de se dégourdir les jambes lui aussi. Assis toute la journée dans un bureau, même pas le temps de respirer le midi, c’est pas une vie ça ! Heureusement que je suis là!

Bon, nous voilà de retour. Il va vaquer à ses diverses occupations et moi je vais rêver à toutes ses bonnes odeurs que j'ai reniflées pendant la balade. Ben quoi, il faut bien que je tienne mon bottin canin à jour, sinon je vais passer pour qui auprès des copains et des copines !

Tiens !  Le voilà qui s'installe devant cette boîte qui s'allume. Il me parle, je le sens impatient que le machin qui émet un bruit de souris névrosée s'arrête ! Je me lève, m'assois à ses côtés, pose mon museau sur sa cuisse, sa main vient me caresser doucement derrière les oreilles.

Tiens ses doigts ne bougent plus ! Il semble captiver par ce que ses yeux déchiffrent. Je sens les battements de son cœur s'accélérer, son corps se tendre, son épiderme frissonner !

 
Mais qu'est-ce donc qu'une sirène ?

 Comment sait-elle que mon maître me gratte derrière les oreilles ?

Est-ce qu'il existe des sirènes pour chien ?

Parce que si c'est le cas, moi je me mets à l'ordinateur de suite !

Univers Parallèle

jeudi, janvier 10th, 2008

Des moments d’étrangeté s’insinuent parfois dans notre quotidien.  Des morceaux de conversation nous transportent en l’espace d’un éclair dans un monde parallèle. Je m’explique :


Hier soir, nous dînions tranquillement en famille. Je me coupais un morceau de fromage. Rien de plus banal en soi.

Bon, donc, avec  ton fichier c’est  du « HTML » pur mais quand tu mets «<?php » dans le source « html » il faut aussi changer le  suffixe « .html » en « .php »….

Oui, mais, alors et l’arborescence du site ? Quel boulot… Y a pas un toolkit ? pas grave avec des applets  flash dedans, HTML ou PHP idem… et base SQL ? on modif le nom ?

Non, requêtes indépendantes du format. Au pire exportes et sauvegardes.

Je tourne la tête ébahie. Je n’avais plus devant moi, mon mari et mon fils, mais un Tok’ra discutant avec un Asgard du prochain plan de bataille contre les Goa’uld ! Pénétration en territoire ennemi par le « Chapaï », invisibilité grâce à un appareil Sodan, transformation avec la machine de Nirrti et j’en passe.

Euh, cela vous dérangerez de revenir à table avec moi…

Pardon, ma chérie, tu disais ?

Je me sens un peu seule, tout d’un coup… vous ne pourriez pas parler français…c’est quoi cette espèce de langue venue d’ailleurs…

Mais, enfin, mon amour, c’est pour ton site.

Mon site, mon site. Mais enfin tu ne peux pas décompresser un peu. Tu viens juste de changer la couleur de la page d’accueil.

Non, il faut que je mette en ligne le dernier texte, dans le livre des Amis. Au fait, tu as le nom de l’auteur ?

Pas encore, mais je suis sûre que si tu ne le fais que demain, il comprendra…

Oui, tu as raison. Et avec notre fils, nous avons pensé que le sépia pour une sirène ce n’est pas le mieux.

Tu sais, Maman, je m’amuse à faire du graphisme, alors on te réserve une surprise !

Tu y passes déjà tellement de temps…tu as mis en valeur les textes qui nous sont prêtés, modifier le forum…

Oui, mais le temps que j’y passe n’est rien comparé à ce que tu donnes par tes mots. Regarde le dernier message dans le livre d’or… Je veux ce qu’il y a de mieux pour toi et pour tes lecteurs.

Tu n’en finiras donc jamais ?

Comme toi d’écrire…

Et moi je donne entièrement raison à Papa…

Bon allez, stop pour ce soir ! Vous me donnez mal à la throne avec tout votre bazar informatique.

Les voilà qu’ils éclatent de rire et moi avec.

–  Il serait peut-être temps que tu arrêtes le thé pomme cannelle, voilà que tu te mets à parler en Ancien !!

Bon allez, trêve de bêtise tous les deux. Au lit la marmaille !

Puis me retournant vers mon homme : demain est un autre jour, Anjin San. 

 

P.S. : pour info : quelques références à la série Stargate SG1. Anjin San, ou pilote dans le livre de James Clavell « Shogun ».