Chap. 33: Le Chevalier commence à découvrir son pouvoir …

Remettantl’épée dans son fourreau, une sorte d’angoisse commença à m’étreindre.

Queje subisse un entraînement afin de pouvoir me défendre et combattre sur laroute menant aux catacombes, m’avait paru logique puisque certaines armesm’étaient inconnues.

 Maisle fait que je sois équipé d’armes recélant une magie aussi puissante que lacapacité de donner la mort en fonction de qui les tenaient commençait à mefaire craindre les différents obstacles et ennemis que j’allais rencontrer.

 Etje me mis à prier : pourvu que les dieux soient avec moi ! Paradoxal,puisque c’étaient eux qui m’imposaient cette épreuve et qui, dans le même temps,me donnaient les moyens d’y arriver. Notre destin était écrit et les dieux yparticipaient pleinement.

 Cettenouvelle manière de penser mettait en évidence à quel point, vivre dans cettesociété, jour après jour, m’avait petit à petit imprégné de croyances nouvellesqui s’adaptaient parfaitement à un côté de ma personnalité que j’ignorais totalementjusqu’alors.

 Jeme découvrais une volonté et une envie de réussir non pour le plaisirsuperficiel que j’affectionnais particulièrement dans le passé, mais pour lasatisfaction d’avoir accompli quelque chose de bien et d’utile pour d’autres.

 Relevantla tête, je regardais Darkhan qui était resté silencieux attendant que je sortede mes pensées.

 -Bienet maintenant, où allons-nous ?

 -Vousdevez rejoindre vos appartements et vous reposez Maître. Demain, vouspoursuivrez votre préparation avec ce nouvel équipement.

 -Darkhan,j’aimerais en apprendre plus sur la maîtrise du pouvoir du Sang Canidale. Letemps défile très vite et il me semble que le départ sera pour bientôt.

 -Commevous le souhaitez, Maître. Je vous suis et je préviens la meute afin qu’ellesoit attentive à vos « essais ».

 Lechef des loups s’immobilisa quelques secondes, puis repris sa marche à mescôtés, me devançant légèrement pour m’indiquer le chemin dans ce dédale decouloirs et d’escaliers. Parfois, j’avais l’impression que cette tour n’étaitqu’un gigantesque labyrinthe dont les murs changeaient en permanenced’emplacement.

 Enfin,je reconnus ma porte. Nous entrâmes et j’allais me verser un verre de cetteboisson fraîche et apaisante qui emplissait le pichet toujours à ma dispositionau centre de la table avec plusieurs gobelets en étain.

 -Parquoi commençons-nous ?

 -Asseyez-vous,Maître. Il faut que vous sachiez que vous pouvez, soit nous contacterindividuellement simplement en pensant à nous, comme vous le faites avec moi ouavec Alpha, soit atteindre tous les loups en même temps. Et quand je dis tous,cela comprend également les meutes qui vivent dans la forêt.

 Assissur la banquette au pied de mon lit, mon verre à la main, je balbutiais :

 -D’autresmeutes, mais combien y-a-t-il de loups ?

 -Ily a plus d’une vingtaine de meutes réparties sur tout le territoire. Chaquemeute compte environ une douzaine d’individus en moyenne. Donc, vous êtes leMaître de vingt et une meute soit deux cent cinquante loups, moi inclus. 

 Bouchebée devant un nombre qui me paraissait déjà énorme, Darkhan poursuivait :

 -Avantque le temps ne soit arrêté nous étions près de mille, mais, la raréfaction dela nourriture nous a obligés à réduire le nombre de naissances afin que chacunpuisse survivre dans les meilleures conditions.

 -Mais,comment chasses-tu en restant toujours au château ?

-Nousrésidons ici uniquement lorsque notre présence est requise car nousaccompagnons la Reine dans tous ses déplacements. Maintenant que nous avons unMaître, c’est lui que nous suivrons et une autre meute se chargera d’escorterFreya.

 -Et je peux donc me mettre en contact avec vous tous ? demandais-jetoujours aussi étonné.

 -Oui,Maître, pensez à nous en tant que le prolongement de vous-même et envoyer unmessage. Tous ne vous répondront pas, ce serait trop long, mais vous sentirezchaque chef de meute acquiescer réception de votre appel précisa Darkhan de savoix calme et pondérée.

Enfinsa voix… ses mots résonnaient dans ma tête et je trouvais maintenant normalqu’un loup communique avec moi, pense et réfléchisse un peu à la manière d’unhumain. Nos regards croisés rendaient cet échange encore plus réel.

 Instinctivement,je fermais les yeux.

 

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