Archive for mai, 2008

Chap. 33: Le Chevalier commence à découvrir son pouvoir …

samedi, mai 31st, 2008

Remettantl’épée dans son fourreau, une sorte d’angoisse commença à m’étreindre.

Queje subisse un entraînement afin de pouvoir me défendre et combattre sur laroute menant aux catacombes, m’avait paru logique puisque certaines armesm’étaient inconnues.

 Maisle fait que je sois équipé d’armes recélant une magie aussi puissante que lacapacité de donner la mort en fonction de qui les tenaient commençait à mefaire craindre les différents obstacles et ennemis que j’allais rencontrer.

 Etje me mis à prier : pourvu que les dieux soient avec moi ! Paradoxal,puisque c’étaient eux qui m’imposaient cette épreuve et qui, dans le même temps,me donnaient les moyens d’y arriver. Notre destin était écrit et les dieux yparticipaient pleinement.

 Cettenouvelle manière de penser mettait en évidence à quel point, vivre dans cettesociété, jour après jour, m’avait petit à petit imprégné de croyances nouvellesqui s’adaptaient parfaitement à un côté de ma personnalité que j’ignorais totalementjusqu’alors.

 Jeme découvrais une volonté et une envie de réussir non pour le plaisirsuperficiel que j’affectionnais particulièrement dans le passé, mais pour lasatisfaction d’avoir accompli quelque chose de bien et d’utile pour d’autres.

 Relevantla tête, je regardais Darkhan qui était resté silencieux attendant que je sortede mes pensées.

 -Bienet maintenant, où allons-nous ?

 -Vousdevez rejoindre vos appartements et vous reposez Maître. Demain, vouspoursuivrez votre préparation avec ce nouvel équipement.

 -Darkhan,j’aimerais en apprendre plus sur la maîtrise du pouvoir du Sang Canidale. Letemps défile très vite et il me semble que le départ sera pour bientôt.

 -Commevous le souhaitez, Maître. Je vous suis et je préviens la meute afin qu’ellesoit attentive à vos « essais ».

 Lechef des loups s’immobilisa quelques secondes, puis repris sa marche à mescôtés, me devançant légèrement pour m’indiquer le chemin dans ce dédale decouloirs et d’escaliers. Parfois, j’avais l’impression que cette tour n’étaitqu’un gigantesque labyrinthe dont les murs changeaient en permanenced’emplacement.

 Enfin,je reconnus ma porte. Nous entrâmes et j’allais me verser un verre de cetteboisson fraîche et apaisante qui emplissait le pichet toujours à ma dispositionau centre de la table avec plusieurs gobelets en étain.

 -Parquoi commençons-nous ?

 -Asseyez-vous,Maître. Il faut que vous sachiez que vous pouvez, soit nous contacterindividuellement simplement en pensant à nous, comme vous le faites avec moi ouavec Alpha, soit atteindre tous les loups en même temps. Et quand je dis tous,cela comprend également les meutes qui vivent dans la forêt.

 Assissur la banquette au pied de mon lit, mon verre à la main, je balbutiais :

 -D’autresmeutes, mais combien y-a-t-il de loups ?

 -Ily a plus d’une vingtaine de meutes réparties sur tout le territoire. Chaquemeute compte environ une douzaine d’individus en moyenne. Donc, vous êtes leMaître de vingt et une meute soit deux cent cinquante loups, moi inclus. 

 Bouchebée devant un nombre qui me paraissait déjà énorme, Darkhan poursuivait :

 -Avantque le temps ne soit arrêté nous étions près de mille, mais, la raréfaction dela nourriture nous a obligés à réduire le nombre de naissances afin que chacunpuisse survivre dans les meilleures conditions.

 -Mais,comment chasses-tu en restant toujours au château ?

-Nousrésidons ici uniquement lorsque notre présence est requise car nousaccompagnons la Reine dans tous ses déplacements. Maintenant que nous avons unMaître, c’est lui que nous suivrons et une autre meute se chargera d’escorterFreya.

 -Et je peux donc me mettre en contact avec vous tous ? demandais-jetoujours aussi étonné.

 -Oui,Maître, pensez à nous en tant que le prolongement de vous-même et envoyer unmessage. Tous ne vous répondront pas, ce serait trop long, mais vous sentirezchaque chef de meute acquiescer réception de votre appel précisa Darkhan de savoix calme et pondérée.

Enfinsa voix… ses mots résonnaient dans ma tête et je trouvais maintenant normalqu’un loup communique avec moi, pense et réfléchisse un peu à la manière d’unhumain. Nos regards croisés rendaient cet échange encore plus réel.

 Instinctivement,je fermais les yeux.

 

Oubli de l’Etre Humain

lundi, mai 26th, 2008

Deretour, de passage. Une escale ou bien un port. Peu importe où l’on se trouve.Peu importe le temps que l’on y reste. Que reste-t-il quand on repart ?Des souvenirs tristes ou gais. A nous de savoir les colorer des couleurs de l’arcen ciel pour que nous puissions mieux profiter de la prochaine halte.

Parfois,on part sans faire de bruit. Simplement, comme cela. Le silence qui suit estempli de la richesse des vrais amis. De ceux qui, d’un petit mot d’uneapparence anodine, indiquent qu’ils ne vous ont pas oubliée, qu’ils sont là,qu’ils pensent à vous en temps qu’être humain et non pas seulement comme uneentité informatique derrière un pseudo que l’on croise à l’occasion.

Ilest des exils profonds et noirs, dont on ressort meurtri de cicatricesdouloureuses. On se surprend à les toucher parfois du bout du doigt. On sesouvient de qui, comment et pourquoi. Sans trop de difficultés, on y associeles divers éléments extérieurs qui ont eu lieu au même moment. Parfois, aussi,à ceux qui ont été là pour y appliquer un peu de baume, du baume au cœur commeon dit. Parfois à ceux qui n’étaient pas là et qui pourtant disaient vousapprécier, avoir de l’amitié pour vous.

Allons,point d’atermoiement dans ces lignes, juste la constatation habituelle quechacune et chacune, nous avons notre propre définition de l’amitié et de cequ’elle apporte dans les rapports humains.

 

Tiens, le mot humain revient encore.

 

Carau-delà des machines, des souris, des claviers, des écrans et des bips detoutes sortes, ce sont bien des bipèdes pensants et ressentant des émotions quiles ont inventées, qui les fabriquent et les utilisent.

 

Dans notre monde de la communication tousazimuts

Il semble que, de plus en plus, nousl’oublions !

Chap. 32 : Hinge et le Bassin d’Emeraude

dimanche, mai 18th, 2008

 

Dansla grande pièce des appartements d’Ingmar, Hinge se tenait debout devant lui,mains au dos, tête légèrement baissée, sourcils froncés. Sa tenue vestimentairecomposée d’une tunique beige très simple et d’un pantalon de même toiledétonait par rapport à ses habitudes vestimentaires habituelles de guerrière,seules ses bottes étaient toujours les mêmes. 

-BienHinge, il est temps pour nous d’aller écouter les volontés d’Odin quant à lacomposition du groupe qui accompagnera le chevalier dans sa quête. Brunhildedoit nous rejoindre dans la Salle du Bassin d’Emeraude. 

-Pourquoidois-je vous accompagner ? Je n’ai pas votre statut. Je n’y suis jamaisallée jusqu’à présent. Alors pourquoi aujourd’hui ? 

-Jene sais. Les Dieux ont demandé ta présence et nous devons leur obéir. 

-Bienalors allons-y, soupira-t-elle, mal à l’aise dans ces vêtements imposés parl’obligation de se montrer humble et simple. 

Ilsse dirigèrent tous deux vers la porte et quelques instants plus tard, ilspénétraient dans la salle où Brunhilde et Ingmar avaient communiqué à Odin leurtrouble quant à l’attitude de Freya envers le chevalier.

Samère les attendait déjà au bord du bassin. 

-Bonsoirmère. 

-BonsoirHinge. Voilà un grand honneur qui t’es fait en ce jour d’écouter la voix de tonpère depuis qu’il a rejoint ses ancêtres au Walhalla. 

-Oui,j’en suis consciente même si je ne comprends pas encore pourquoi.

 Ilsse positionnèrent tous les trois à égales distances autour du puits. La lumièreverte se mit aussitôt à briller de plus en plus et enfin, dans le silencerespectueux, la voix grave dit :

 -L’âmedes plus valeureuses de nos walkyries mortes au combat pour notre peuple ontaccepté de suivre le chevalier. Mais, le temps est limité. Il ne pourramaîtriser ses armes autant qu’il le faudrait pour affronter tous les dangersqui vont tenter de l’empêcher d’accomplir sa quête.

Dansle parchemin de la prophétie, il est mentionné que le chevalier sera accompagnépar l’Arc des Sanglots. Plusieurs conditions doivent être remplies pour pouvoirs’en servir. Tout d’abord, seule la plus habile et la plus instruite dans cetart très particulier qu’est l’archerie, qui n’est pas considéré comme trèshonorable par notre code, mais qui, néanmoins, fait parti des techniques decombat que nous nous devons de transmettre de génération en génération, pourrale manier. C’est toi Hinge, la plus adroite de nos guerrières qui a été désignée!

-Sitel est mon destin, je l’accompagnerais et le seconderais sans faillir dans samission. Mais, l’Arc des Sanglots ? Pardonnez mon inculture, mais je neconnais pas cet objet. Il n’y a aucun arc dans la Salle des Lames Engourdies. 

-L’Arcdes Sanglots appartient au monde des Abysses. Sa fabrication remonte à la nuitdes temps. 

Unetrès ancienne légende raconte qu’un marin, qui n’avait pas suivi les ordres deson capitaine de se boucher les oreilles et de se bander les yeux au passage dudétroit des colonnes d’Hercule par une nuit de pleine lune, a aperçu une sirèneet en est tombé éperdument amoureux. 

Mais,la belle naïade au lieu d’attirer cet imprudent pour le noyer au fond del’océan, plongea son regard dans ses yeux et par la magie de cet instant uniquesenti son cœur battre au rythme du sien. 

Malheureusement,les dieux n’approuvèrent pas cette idylle. Ils punirent les deux amoureux enleur jetant un sortilège bien cruel. Le marin ne pouvait plus apercevoir sabien aimée, tandis quelle pouvait le voir, mais non l’approcher. Elle lesuivait sur toutes les mers. Il ne dormait plus, restant accoudé au plat bordtoutes les nuits ne surveillant plus la route du navire. 

Sibien qu’une nuit plus sombre que les autres, l’étrave de son bateau heurta desrécifs. Tout l’équipage en réchappa, sauf lui. Sa tête cognant contre lesrochers, il disparut dans un tourbillon, empêchant ainsi la sirène de lesauver.

Danssa grande douleur, elle ramassa le bois sur lequel il se posait pour la guetteret en fit un arc, puis elle rasa sa magnifique chevelure d’or et la tressa enune corde fine et souple et la tendit sur l’arme. On raconte que, durant leslongues heures qu’elle passa à créer cet objet, ses larmes ne se tarirentjamais inondant ses mains besogneuses, si bien qu’à chaque flèche décochée unlong sanglot se fait entendre. 

L’Arcdes Sanglots est à l’abri dans une grotte sous-marine. Seul, celui qui connaîtle poème de l’ondine peut l’invoquer en le récitant et seule la main d’unevierge au cœur emplit d’un amour pur peut le toucher et s’en servir. Voici lesconditions pour qu’il accepte de te suivre Hinge. Es-tu prête à accepter cecadeau pour accompagner le chevalier dans son voyage ? 

Lesprécisions d’Odin sur les différentes qualités que devaient avoir celle quiporterait l’arc, laissait Ingmar pantois, et il regardait la walkyrie avec unnouveau regard. Le rouge lui était monté aux joues, donnant un peu de chaleuret d’humanité à son visage aux contours assez anguleux. 

-OuiOdin, je suis prête si telle est votre volonté, répondit-elle d’une voixétranglée et que seule la parfaite acoustique de la salle permettaitd’entendre. 

Lalumière du bassin ondula, et en silence, ils attendirent qu’Odin récite lesvers de la sirène.

Chap. 31 : L’équipement du Chevalier

jeudi, mai 15th, 2008

Toujoursà l’affût, j’effectuais un tour complet sur moi-même.

 
Rien !Personne !

 
Unenouvelle tape ! Je bondis en avant tout en me retournant épée toujoursbrandie.

 
Rien !Personne !

 
Jene comprenais pas. Bien sûr, que dans cette tour runique, la magie régnaitpartout et sur tout, mais pourquoi me frapper et sur les reins alors que jen’avais fait que respecter scrupuleusement les instructions.

 
Peut-êtredevais-je juste choisir les armes, sans pour autant les emmener ? Jedéposais donc celles-ci à terre. Une longue plainte aigüe se fit entendre, jeles repris aussitôt. Elle cessa de suite.

 
-Ecoutez,je ne sais pas ce que tout cela signifie. Que dois-je faire ? Je vous enprie, aidez-moi, je ne demande qu’à vous obéir.

 
Debout,au centre de la pièce, j’attendais une réponse lorsque la lumière se mit àdécliner rapidement pour n’être plus à nouveau qu’un halo.

Mais,celui-ci n’était plus devant mes pieds pour m’indiquer le chemin, il illuminaiten plein centre de la paroi de gauche, un long couteau en incurvé comme unedemi-lune au manche en ivoire.

Unenouvelle tape ! Cette fois, je ne regardais pas derrière moi, jem’approchais prudemment, tendis les doigts vers l’arme qui se laissa prendre. Unedouce chaleur se propagea dans mes reins et instinctivement, je la glissaisdans ma ceinture à l’endroit exact des légers coups.

 
Lavoix se fit, alors, entendre à nouveau.

 
-Voilàchevalier ton équipement pour effectuer ta quête est complet. Les âmes deswalkyries à qui ont appartenues ces armes par le passé t’ont choisi. A toi d’enêtre digne ! Acquiert la mémoire de l’essence de l’élément auquel chacunecorrespond et tu auras accès à l’expérience de ces valeureuses guerrières.

 
-Commentobtenir cette mémoire ? Comment saurais-je que je l’ai ?

 
-Regardeton bouclier. En son centre est gravée la rune qui symbolise la terre mère.Elle s’activera dès que tu l’auras trouvé. C’est le premier élément qui viendraà toi, car il protègera ton corps des attaques de tes ennemis et ton esprit dessorts de mirage en te permettant de rester ancrer en terre avec l’aide de cellequi partagera cet élément avec toi.

 
J’attrapaisl’écu que j’avais glissé sur mon dos en passant le bras dans la lanière de cuirqui y était accrochée à cet effet. Le tenant d’une main par la poignée, jecaressais le bois poli avec respect. La surface était découpée en troisquartiers chacun d’une couleur différente. Quatre symboles runiques étaientgravés dans le frêne. Leur couleur mate détonait sur le fond brillant.

 
-Partagercet élément, mais comment, je ne comprends pas ?

 
-PatienceChevalier, tout se mettra en place naturellement. N’encombre pas tes penséesavec des questions dont les réponses ne te sont d’aucune utilité pour lemoment.

 
-Bien,si vous le dites, répondis-je d’un ton à la fois déçu et fataliste, quand lapremière rune va-t-elle s’activer ?

 
-Quandle moment sera venu. Laisse le destin s’accomplir. Maintenant rejoint tesquartiers et demain, pour ton entraînement, emporte avec toi ton équipement, nel’oublie sous aucun prétexte, désormais, il ne doit jamais te quitter, de jourcomme de nuit, où que tu ailles, quoi que tu fasses !

 
-Bienje le ferais.

 
Lalumière reprit son chemin vers la porte, je la suivis et sortis. Darkhanm’attendait tranquillement couché aux pieds de Brunhilde. Il se redressa etbaissa la tête, semblant saluer mes armes.

 
-Jevois que les plus féroces des walkyries dont les faits d’armes sont les plusracontés dans nos chants t’ont accordé leur confiance, me dit Brunhilde avec unaccent respectueux que je ne lui connaissais pas.

 
Commeelle regardait avec envie l’épée, je la lui tendis pour qu’elle la prenne. Ellese recula, mains tendues en avant.

 
-Nefais jamais cela chevalier ! Sache qu’elles n’obéiront jamais qu’àtoi ! Elles se sont offertes de t’aider, de t’accompagner dans ta vie decombattant, toi et toi seul ! Quiconque voudra s’en emparer sans que tului donnes volontairement mourra dans d’atroces souffrances. Et l’âme de laguerrière ira directement au Helheim. Personne d’autre que toi ne doit lestoucher, même simplement un instant pour un prêt comme tu voulais le faire avecmoi.

 
Jeregardais l’épée, complètement éberlué devant une telle magie. Je prenaisréellement conscience du précieux don qui venait de m’être fait et décidais demettre toute mon énergie ma vie durant à être digne d’une telle offrande.

 

-Excuse-moiChevalier, mais il me faut y aller, je suis attendue, ajouta Brunhilde enm’adressant un hochement de tête et elle s’en fût d’un pas assuré.