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Chap 8 : Repas

mardi, janvier 1st, 2008

Je finis par m’endormir. Un seau d’eau froide m’éveilla.

-« Allez sors de là ! » Hinge avait ouvert mon cachot. Je rampais pour en sortir.

-« Alors bien dormi ?» ricana-t-elle « Vas dans l’eau, et laves toi, tu pues »

Sans broncher, je me glissais dans l’eau. Sa tiédeur me surpris et m’apporta un peu de réconfort. Lorsque je sortis, ma nudité ne me gênait plus devant elle. Elle me lança un chiffon pour m’essuyer, puis une sorte de culotte courte.

-« Avance ! » Elle me mit un collier de cuir.

-« Bien, tu ressembles un peu plus à quelque chose. J’espère que tu te souviens des règles ! Suis-moi ! »

Nous remontâmes, suivîmes un long couloir, mes narines détectaient des odeurs alléchantes, mon estomac se mit à grogner. Nous débouchâmes dans une vaste pièce. Une cheminée au fond, derrière deux rangées de tables jonchées de victuailles plus succulentes les unes que les autres. Des femmes s’activaient autour des fourneaux, des fillettes jouaient devant l’âtre.

Un coup de pique dans les reins m’obligea à me diriger vers la gauche, dans une sorte de recoin que je n’avais pas vu au premier abord. Ma gorge se serra. Des hommes, colliers de cuir et chaînes à la cheville mangeaient à quatre pattes dans des gamelles à même le sol, une sorte de bouillie.

-« A terre ! Attaches-toi comme les autres ! »

Mon dieu, nous étions vraiment traités comme des chiens. Non pire, car je remarquais à cet instant, trois énormes loups à la fourrure grise, couchés sur d’épais tapis aux couleurs chatoyantes, dévorant allègrement des poulets dorés et des cuissots juteux.

Je me dépêchais de manger ma gamelle, en silence, comme les autres. Le coup de cravache de la veille se rappelait à mon souvenir par le frottement à chaque mouvement pour me pencher en avant. De la nourriture dégoulinait le long de mon menton que j’essuyais tant bien que mal sur le bord. Je me dégoutais, mais j’avais si faim !

Hinge s’assit parmi les autres. Elle ne s’intéressait même pas à moi. Mon écuelle finie, léchée, j’ouvris la bouche pour parler mais je la refermais aussitôt, devant le regard suppliant de mon voisin.

J’en profitais donc pour observer les lieux et les gens. Par l’entrebâillement des guenilles d’un esclave couché à ma droite, je distinguais une marque au fer rouge à la hauteur de sa hanche, le dessin était le même que celui de la première stèle du chemin d’accès.

Les cuisinières, en pantalons et vestes marron, étaient de taille plus petite que les guerrières. Ces dernières étaient vêtues de costumes sombres coupés pour le combat, dans différentes matières, sans fioriture. A leur ceinture pendait une cravache,  de leurs cuissardes émergeaient des poignards au manche chryséléphantin.

Je remarquais à côté de la porte un râtelier d’où pendaient les baudriers artistiquement décorés. Des marques distinctives sur le haut me permirent de comprendre que chaque walkyrie avait son blason.

Ainsi donc, il existait des clans !