Chap. 24 : L’entrainement

Voyons ce que je savais faire ? L’autorité et la froideur du ton de Freya me firent sursauter.

-Faire ? Mais comment, avec quelle arme ?

-Pas d’arme pour l’instant. Tu dois savoir que celles que tu devras manier non rien de comparable ton ancienne vie. Tes ennemis ne seront pas que de chairs et de sang. Il te faudra inventer de nouvelles tactiques, trouver des ruses,  maîtriser ton pouvoir. Donc, voyons déjà ton endurance. Commence par courir autour de cette arène. Dix tours, je te laisse un tour d’avance. Si je ne te rattrape pas alors tu auras le choix de l’arme. Sinon, on recommence.

Quel défi ! Je m’attendais à tout sauf à cela. La plus longue marche que je n’aie jamais faite était lorsqu’Hinge m’avait capturé. J’étais un cavalier, non un fantassin !

-Pourquoi courir ? Nous avons des chevaux pour nous déplacer.

-Les chevaux ne pourront aller là où le destin semble vouloir t’envoyer. Cours et tais-toi !

Son ton péremptoire m’obligea à obéir.

Je partis trop vite et au bout du cinquième tour, je m’essoufflais tant que Freya n’eut aucun mal à me rattraper. Vexé, je m’arrêtais, les mains sur les hanches, respirant avec peine, de la sueur me coulait dans les yeux que j’essuyais maladroitement. Je m’attendais à une réprimande. Au lieu de cela, elle me tendit une gourde. Je bus quelques gorgées d’eau fraîche. Elle semblait à peine essoufflée, aucune transpiration, le soleil illuminait ses cheveux.

-Allez, on recommence.

Cette fois, je démarrais moins vite, mais elle ne m’en devança pas moins au bout de quelques tours.

La meute regardait son maître se ridiculiser. Mon orgueil souffrait autant que mes muscles. Mes poumons brûlaient comme une forge. Darkhan dû sentir mon désarroi.

-Maître, continuez, nous ne pouvons vous aider, cela nous est interdit. La Reine s’entraîne depuis sa naissance, vous ne pouvez l’égaler en quelques heures.

Le soleil atteignait le plus haut de sa course lorsqu’un corbeau se posa sur le râtelier d’armes au moment où Freya allait une fois de plus me doubler.

Elle stoppa net devant lui. Surpris, je m’arrêtais à mon tour. L’oiseau au plumage noir la regardait droit dans les yeux, il semblait communiquer avec elle par la pensée.

Je vis les muscles de son dos se raidir. Ses poings se serrer et se desserrer convulsivement. Visiblement, elle bouillait ! Elle tapa du talon sur le sol, s’inclina et se tourna vers moi.

Son regard, au-delà de mon épaule, exprimait un mécontentement manifeste.

-Bien, tu vas te reposer, un repas va nous être apporté, ensuite nous reprendrons ta mise en condition.

Mes yeux essayant de capter les siens :

-Pourquoi ne me regardes-tu jamais ?

-Parce que tu n’es pas prêt chevalier, et moi non plus !

Je me rapprochais de quelques pas :

-Prêts à quoi ?

-Il y a beaucoup de choses que tu ignores sur ton pouvoir et sur ta destinée, sur le voile de Nerthus également. Tu dois poursuivre ton entraînement, acquérir endurance, dextérité et agilité. Apprendre à manier les différentes armes que tu vois exposées ici. Ensuite, les choses viendront d’elles-mêmes.

-Bien alors mangeons et reprenons ! Je n’ai pas de temps à perdre apparemment, surtout si mes ennemis sont aussi terribles!

A grandes enjambées, je rejoignais la porte, quittais l’arène pour me retrouver dans la petite salle où les combattants devaient attendre.

Un banc de chaque côté d’une table sur laquelle une walkyrie disposait viandes froides, pain, fruits et boisson.

Je m’attablais au moment où Freya entrait.

-La colère est mauvaise conseillère.

Je ne répondis pas. Je tournais et retournais dans ma tête toutes les possibilités de parvenir à connaître tous les tenants et les aboutissants de cette aventure qui ne cessait de se compliquer. J’avais l’impression de n’être qu’un jouet entre les mains de puissances divines. Quel serait mon avenir à la fin de cette quête ? Y aura-t-il encore d’autres mystères ? Allais-je enfin pouvoir vivre tout simplement ?

L’odeur suave du parfum de la Reine mettait mes sens en éveil. Les battements de mon cœur s’accélérèrent. Je terminais rapidement ma dernière bouchée, me levais, et gagnais à nouveau l’aire sablée.

Les loups qui m’avaient suivi pour boire et se restaurer, reprirent leur place.

Darkhan me fixa, je me laissais faire. Je sentis comme une onde de calme me traverser.

Mes jambes se mirent en route, mon cerveau n’avait plus qu’un seul but : courir et réussir!

D’abord à petites foulées, puis de plus en plus vite, j’allongeais mes enjambées. Freya ne me rattrapa qu’au huitième tour.

Nous continuâmes encore deux fois sur cette lancée.

Après une pause, elle alla chercher deux javelines dont le tranchant de la lame reflétait les rayons du soleil.

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