Chap. 22 : Avant l’entraînement!

Je me réveillais tranquillement, une bonne odeur de pain chaud et de café me chatouillais agréablement les narines. Je m’assis dans le lit. Un plateau était posé sur la table, Hinge s’apprêtait à sortir.

-« Hinge ? »

Elle se retourna à demi, sourcils haussés, front plissé.

-« Oui, chevalier ? »

Mon aventure de la nuit m’avait donnée de la hardiesse. Après tout, j’étais le Maître des Loups et ma vie était trop précieuse, apparemment, pour que la Walkyrie me tue sur le champ.

-« Est-ce que nous ne pourrions pas discuter, s’il vous plaît ? »

-« Discuter de quoi, chevalier, Ingmar t’a dit tout ce que tu devais savoir, je n’ai rien à ajouter. »

Comme elle tournait les talons en avançant d’un pas, je sautais au bas du lit :

-« Non Hinge, il ne m’a pas tout dit ! Je le sens ! »

Elle plongea son regard dans le mien. Respira profondément et dit, d’une voix triste :

-« Je ne puis rien te dire car je ne sais rien. Lorsque je t’ai vu sur ton destrier pour la première fois, mon cœur a fait un bond dans ma poitrine. J’ai su que je devais te capturer coûte que coûte, mais je n’imaginais pas que tu étais l’élu. Aujourd’hui, tout cela est très loin, prépares toi. Freya va venir te chercher pour ta première leçon. »

En soupirant, elle fut dehors avant que j’ai eu le temps de poser une autre question. Ainsi donc, sous la cuirasse se cachait une certaine mélancolie…

Mon estomac criant famine, je m’assis et entamais de bon cœur une miche croustillante que je nappais généreusement d’une épaisse couche de marmelade au parfum inconnu.

Le liquide corsé me revigora. Un bain rapide et j’endossais les vêtements préparés au pied de mon lit : un justaucorps en cuir noir moulant mon buste, une paire de chausses assortie et des bottes souples. Une ceinture à la boucle de vermeil en forme de tête de loup complétait la panoplie.

Un coup sec frappé à la porte.

-« Entrez ! »

Le battant s’ouvrit. La Reine des Walkyries se tenait sur le seuil.

-« Bonjour chevalier, suivez-moi ! »

Ses yeux esquivèrent les miens. Encore et toujours. Que craignait-elle que j’y découvre ? La question me brûlait les lèvres mais l’appréhension de la réponse stoppa mes mots.

Je la suivis donc dans le dédale de couloirs et d’escaliers. Nous arrivâmes devant une sorte de poterne. L’aube d’un nouveau jour me fit cligner des paupières.

Nous étions sortis par la même porte que celle empruntées par les sœurs pour entrer dans l’arène avant leur combat.

Darkhan et sa meute étaient couchés paisiblement sur la droite. A gauche, un râtelier garni d’armes de différentes sortes. Si je reconnaissais certaines d’entre elles, d’autres m’étaient totalement inconnues.

Un aigle survola l’aire sablée, puis s’en fut.

-« Allons, il est temps de commencer ! Voyons, tout d’abord ce que tu sais faire ! »

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