Chap. 13 : L’arène

L’amphithéâtre était une merveille architecturale. Les divers styles, signe de sa construction par différents bâtisseurs, s’harmonisaient remarquablement.

Des pilastres corinthiens avec leurs feuilles d’acanthes reliés par des architraves en volutes côtoyaient des colonnes ioniques à la décoration dépouillée. Ca et là des cariatides au corps d’albâtre drapé dans des robes aux couleurs des différents clans portaient des oriflammes au bout d’une lance dorée. Une légère brise les faisait claquer comme des fouets.

Deux immenses vasques encadraient l’imposant porche d’entrée. Des braises incandescentes entretenues par quatre walkyries, toutes de cuir rouge vêtues, dégageaient une odeur d’encens.

Le brouhaha cessa lorsque nous apparûmes dans l’encadrement. Un coup de pique dans les reins me poussa vers un escalier en colimaçon.

Nous débouchâmes sur une estrade surplombant l’arène. Brunhilde m’ôta ma cape, offrant ainsi mon corps dénudé à tous les regards. Un murmure d’approbation me fit rougir jusqu’aux oreilles. Je fus attaché en croix, exposé aux yeux de toutes. Les rayons lunaires détachaient la rune d’Odin dessinée sur ma poitrine.

Les gradins, sur cinq niveaux étaient remplis de walkyries.

Brunhilde s’avança, leva les bras. Le silence se fit.

-« Gloire à Odin, notre Dieu ! »

-« Haï »répondirent en chœurs toutes les participantes.

-« Nous sommes toutes réunies ici ce soir selon le précepte de l’Ancienne Loi. Les Runes de la Tour se sont réveillées pour cet humain ! » Dit-elle en me montrant du doigt, « aussi deux Walkyries vont s’affronter dans un duel à mort pour que le destin s’accomplisse. »

-« Haï »

Des centaines de talons se mirent à battre la mesure, le rythme allant crescendo, ponctué à intervalles réguliers par des Haï de plus en plus surexcités.

A nouveau, Brunhilde leva les bras, le silence revint.

-« Mes sœurs appelons Freya et Hinge »

Aussitôt les claquements de bottes furent remplacés par le fracas des épées sur les boucliers. Un groupe de guerrières en tenue dorée accourut sur le terrain sableux et se lança dans une danse lascive qui me mit malgré moi dans tous mes émois. Elles firent une dernière figure et se stoppèrent dans un même élan, la pointe de leur épée en direction du fond de l’hémicycle.

Les demi-sœurs apparurent, côte à côte, vêtues à l’identique. Un justaucorps satiné moulait leur buste, un short et des cuissardes complétaient leur habillement. Elles étaient encadrées par une meute de près d’une centaine de loups. Darkhan, à leur tête, s’arrêta au centre de l’arène. Il leva sa gueule et entama une longue mélopée reprise par tous ses congénères. A donner froid dans le dos.

Laissant les deux guerrières face à face, ils se glissèrent le long des travées, se positionnant en arc de cercle devant chaque chef de clan.

Un gong retenti. Le combat pouvait commencer!

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