Chap. 12 : Préparatifs

Un coup contre mon portillon, une gamelle que l’on me glisse, un bol d’eau. Pas un mot, le silence est pesant et rassurant tout à la fois.

Les heures s’écoulent. J’essaie d’étirer mes membres que les crampes envahissent.

Un bruit de talon !

-« N’as-tu rien oublié ? »

-« Non, j’ai vérifié, tout est là selon les règles de nos ancêtres ! »

-« Sors-le ! »

Le battant de ma geôle s’ouvre. Je rampe au dehors. Je reste tête baissée, je ne connais pas ces voix, je tremble.

-« Allez, chien, déshabille-toi et lave-toi ! »

A quatre pattes, j’avance et j’obéis.

-« Sors ! Va au fond ! »

Je regarde les chaînes, le brasero, mes jambes flageolent. Un coup de pique dans le dos m’oblige à avancer.

-« Lève les bras ! Mets tes mains dans les fers ! Bien, ne bouge pas ! »

Elle se mit devant moi s’offrant à mon regard. Elle portait un loup masqué en fourrure sur le visage. Une longue robe pourpre maintenue à la taille par une ceinture blanche brodée de fils argentés. Ses cheveux roux étaient tressés et ramenés sur la tête en une couronne mêlée de lanières noires.

Elle tenait à la main un pot empli d’une substance brillante, sans odeur. Elle y trempa une sorte de pinceau et commença à m’en enduire tout le corps minutieusement sans omettre une parcelle !

Sa compagne, m’enleva le collier que je portais et le remplaça par un torque de cuivre. Puis elle sortit un poignard effilé de sa manche et commença à me tailler les cheveux. Elle passa, ensuite, la pointe de la lame sur ma poitrine, dessinant un motif inconnu.

Elles se reculèrent, regardèrent leur travail, hochèrent la tête et tournèrent les talons sans un mot, me laissant pendu en proie à une foule de questions.

Je ne sus faire le compte des heures, mes articulations me brûlaient. Je somnolais oscillant entre rêve de liberté et cauchemar de douleur.

Une claque me secoua.

-« Réveille-toi ! Deux des plus vaillantes walkyries vont se battre à mort pour toi, j’espère que tu en vaux le coup ! »me dit à l’oreille la voix grinçante de Brunhilde.

Mes bras retombèrent le long de mon corps.

-« A genou ! Mange ta gamelle ! Profites-en bien car Hinge va gagner et ton calvaire ne fait que commencer ! »

Avidement, j’engloutis la bouillie épaisse, refusant de comprendre ces dernières paroles et leurs conséquences funestes.

 Elle me jeta une sorte de cape sur les épaules.

-« Debout, suis-moi ! »

Deux autres guerrières attendaient, elles se positionnèrent à mes côtés et nous sortîmes.

Je revis enfin le ciel bleu, respirais l’air pur, fragance de terre humide et d’herbe coupée.

Personne ! Les rues étaient désertes. Nous gravîmes la colline. Plus nous avancions, plus la clameur d’une foule excitée parvenait à mes oreilles.

Nous arrivâmes, enfin, sur une esplanade pavée de granit noir. Les grains de quartz éclairaient nos pas.

Une haute Tour se dressait à notre droite. Un serpent de runes courait tout le long d’un portail bardé de clous ouvragés. Le siège du Conseil Runique, sans aucun doute.

Nous fîmes une courte halte durant laquelle les prêtresses psalmodièrent une incantation dans une langue inconnue aux accents guerriers. Les runes se mirent à briller d’une lumière fluorescente alternance de cinabre et de lapis-lazuli. Quelque chose pénétra avec une autorité douce mais ferme mon esprit, le sonda, puis se retira, me laissant perplexe.

Nous reprîmes notre chemin vers la gauche. Un dôme, créé par les rayons de la lune se reflétant sur des dolmens de sélénite, recouvrait une arène elliptique.

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