Chap. 9 : Voici Freya !

Brünhild entra. Elle jeta un coup d’œil à la ronde.

-« Haï Hinge, notre Reine veut te voir. Amène-le-lui ! »

Hinge se leva, me détacha, je la suivis.

Nous repassâmes par le grand hall. Un groupe de walkyries nous rejoignit pour nous escorter à travers un dédale de couloir, jusqu’à une lourde porte en amazakoué surmontée par un chapiteau tronconique en ébène de  Macassar, encadrée par deux statues en pied.

A gauche, Odin, taillé dans du jaracanda, posait son regard d’œil de tigre sur nous. Un baudrier en maroquin incrusté d’écailles de tortue lui barrait son torse athlétique modelé dans un plastron en galuchat tressé. Il soutenait un fourreau de velours, terminé par une bouterolle en airain ciselé duquel la poignée en bronze d’une épée émergeait.

Un inros pendait à sa ceinture sertie de gemmes multicolores qui rehaussait son pantalon en peau d’agneau. Des bottes terminaient ses jambes puissantes.

Le plus étonnant était ce casque varègue anormalement décoré avec des entrelacs de cuivre et d’argent symbolisant le marteau de Thor. Il maintenait difficilement son épaisse chevelure blonde.

Mes yeux se portèrent ensuite vers la droite.

Une Freya, d’une beauté à couper le souffle, dans son costume de soie entièrement rebordé de fils d’or, des cuissardes remontant haut sur ses cuisses musclées.

Une fibule en nacre retenait une cape smaragdine. Ses cheveux cascadaient sur ses épaules.

Le soleil du matin traversait le gemmail du cœur de la voûte, les rayons colorés se reflétaient dans ses yeux.

Les portes s’ouvrirent sans bruit.

Les gardes s’écartèrent pour nous laisser passage.

Je restais bouche bée devant le spectacle qui s’offrait à mes yeux. Moi, Chevalier qui croyait avoir tout vu de la beauté, j'éprouvais un sentiment d'humilité face à tant de splendeur. J’entrais dans un monde inconnu qui respirait la puissance divine et le charisme serein de la Reine de ce lieu féérique.

Freya était assise sous une fresque en mosaïque, représentant le voyage vers le Walhalla de l’âme des guerriers morts aux combats. Le dégradé de camaïeux faisait ressortir le loup sculpté en palissandre noir qui lui servait de trône.

Les puits de jour en forme d’écussons filtraient la lumière des gemmes colorées, laissant apparaître étincelantes les armoiries du clan de chaque walkyrie. Les guerrières étaient alignées le long de l’allée de marbre blanc qui menait à leur Souveraine. Debout les bras croisés, campées sur leurs jambes, chacune son esclave assis à ses pieds.

Ils portaient tous un collier, et une laisse attachée à la ceinture de leur maîtresse. Ils venaient visiblement de différentes contrées, certains avaient même la peau couleur ébène. Aucun ne me ressemblait.

Hinge s’avança, je la suivis un peu en retrait, tête légèrement penchée, je ne voulais rien manquer. Soudain, elle mit un genou à terre, je m’empressais de faire de même.

Un énorme loup gris vint me flairer, gronda près de mon oreille, renifla bruyamment dans mon cou, je serrais mes dents pour les empêcher de claquer.

Une voix cristalline, à la fois douce et autoritaire, un rien charmeuse lui dit :

-« Eh bien Darkhan, le trouves-tu à ton goût ? »

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