Chap. 5 : Résignation?

Quand tout fut prêt, je la servis, et sur un signe d’elle je m’accroupis à ses pieds, tête baissée. A ma grande surprise, elle me donna suffisamment à manger.

-« Bien maintenant que tu as le ventre plein, debout et range tout. Nous repartons. Tu ne remettras que ta chemise, plie le pantalon et mets-le dans les sacoches avec le reste. »

Elle se leva, étira ses bras vers le haut, faisant ressortir le galbe de sa poitrine, creusant la chute de ses reins, secouant sa lourde chevelure. Une intense bouffée de désir m’envahit. Je lui tournais le dos rapidement pour qu’elle ne remarque pas l’effet de mon émoi.

J’accomplis mes tâches rapidement afin de pouvoir enfiler ma liquette. Je me sentis tout de suite mieux.

Elle m’attacha à nouveau avec la corde, enfourcha son étalon et nous repartîmes.

Nous marchâmes ainsi pendant plusieurs jours.

Désormais chaque soir, je devais me dévêtir pour la servir, elle ne manquait jamais de me détailler des pieds à la tête, de m’asséner un coup de cravache par ci par là.

Les muscles de mes jambes plus habitués au cheval qu’à la marche à pied n’étaient plus que douleur, mes pieds nus saignaient de plus en plus. Les repas, ou plutôt devrais-je dire, les miettes suffisaient à peine. L’arrondi de mon ventre avait disparu, mes côtes apparaissaient. J’étais exténué.

Chaque soir, je m’endormais comme une masse d’un sommeil sans rêve, perdant chaque matin un peu plus l’espoir de recouvrer ma liberté.

Nous arrivâmes enfin au pied d’une montagne recouverte de neiges éternelles. Très haut, on pouvait apercevoir une construction fort ancienne. Des murailles taillées à même la pierre, une silhouette lourde, noire.

Un chemin serpentait entre les arbres pour y monter. Elle tira de plus belle sur la corde, je tombais.

-« Allez debout fainéant ! Nous y sommes presque ! Il est temps pour toi ! »

De quoi voulait-elle parler ?

Je me relevais tant bien que mal.

Au fur et à mesure, la voie s’élargissait.

Nous croisâmes une autre Walkyrie qu’elle salua d’un geste. Elle était accompagnée par un homme. Il portait autour du cou un collier de métal relié à sa cheville par une chaîne qui passait autour de son torse nu, un simple bout de chiffon cachait tant bien que mal ses attributs. Il avançait, tête baissée. Quand il me dépassa, je me retournais, et remarquait les traces de fouets sur son dos. Un frisson d’horreur me parcourut l’échine.

Une secousse sur mes poignets et je me remis en marche.

Sa phrase « Il est temps pour toi » tournait et retournait dans ma tête.

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