Chap. 3 : Comme un chien !

Le loup s’approcha, secouant sa fourrure, il gronda. Inquiet, il ramassa une dernière buche, et revint sur ses pas. A genou, il commença à entasser les brindilles, les bouts de bois, il frotta les silex l’un contre l’autre, une étincelle jaillit, le feu s’alluma.

Elle s’avança, à le toucher, posa une main sur ses cheveux sales de la sueur de la bataille, de la poussière de la route. Il demeura immobile, ne sachant que faire, voulant éviter les réprimandes.

      « Bien, tu vois quand tu y mets du tien, mets ce garenne à rôtir, entretiens le feu, ne le laisse pas s’éteindre, puis apporte le moi et tu auras peut-être à manger »

      « Bien Madame »répondit-il humblement.

 Il dépeça l’animal, jeta les viscères vers le loup qui les avala tout de go, embrocha le civet, disposa de grosses pierres et le mit à cuire. Bientôt, les odeurs de cuisson, le firent saliver, son estomac se révoltait lui rappelant qu’il n’avait rien avalé depuis le matin. Il déglutit avec peine.

Lorsque lapin fût cuit, il lui amena la broche. Comme il restait debout :

      « Agenouille-toi esclave ! Aux pieds de ta maîtresse est ta place ! »

Il s’exécuta, à contrecœur, mais il avait trop faim. Elle mordait à belles dents dans une cuisse savoureuse, jeta l’os au loup. Rien à lui. Elle le regarda en rigolant :

      « Tu as faim, tiens voici un os à ronger ».

Elle lui lança un os avec un peu de viande, comme à un chien.

Il se jeta dessus, le rogna, encore et encore. Il eu droit à un autre morceau et son repas s’arrêta là.

Elle se leva, s’étira, bailla.

      « Il est temps de dormir, demain la route est encore longue. Debout, tends tes mains. »

Il s’exécuta aussitôt. Elle dénoua son cou, passa la corde autour puis lia ses mains à un tronc.

      « Couche-toi, et ne bouge pas ! »

Il se coucha comme il pu au pied d’un buisson, le loup vint lui tenir compagnie. Elle sortit une couverture des sacoches de son étalon et s’enroula dedans à côté du feu.

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