Chap. 2 : Honte !

Impuissant devant cette guerrière farouche, il se leva, ôta sa lourde armure, resserra tant bien que mal les liens de ses chausses. Lorsqu’il voulu ramasser son épée, le loup gronda. Elle ricana :

      « Je te l’ai dit : tu es à moi. Maintenant avance vers la droite, mon cheval m’attend ».

Un pied devant l’autre, courbant l’échine de honte, il passa devant les cadavres de ses dogues. Bien qu’aguerri par les nombreuses batailles qu’il avait livré, la vue de leurs gorges béantes, l’odeur de leur sang, lui souleva le cœur.

      « Avance mauviette ! »

Derrière l’amas de rochers, attendait un superbe étalon alezan, sa robe cuivrée réfléchissait les rayons du soleil couchant. D’une sacoche posée sur son dos, elle sortit une corde de chanvre, lui ligota les poignets, puis elle enfourcha sa monture à cru faisant jouer les muscles de ses cuisses pour le guider. Comme il restait statufié par le spectacle, elle donna un coup sec sur la laisse, il trébucha, retrouva péniblement son équilibre et dû accélérer le pas.

Ils avancèrent ainsi jusqu’à nuit noire, suivant un chemin de terre, ses pieds se prenant dans les racines de la futaie, péniblement il essayait de suivre son allure, trottinant tant bien que mal.

La lune brillait dans le ciel découvrant une grotte derrière des broussailles. Elle stoppa son destrier, il s’affala et reçu presque aussitôt un coup de bottes dans le bas du dos. Elle détacha l’attache du pommeau de sa selle, lui passa autour du cou comme un collier, dénoua ses mains, et lia sa cheville droite.

      « Debout, esclave, va ramasser du bois et allume un feu »

      « Mais, je … »

      «Silence, tu parleras lorsque je te le dirais ! Obéi, et tu ne seras pas puni ! »

Baissant les yeux, il se mit au travail, trop fourbu par la marche forcée pour répliquer.

Tout en se baissant pour glaner ça et là quelques branches, il l’observait à la dérobée. Malgré la façon, indigne d’un chevalier, dont elle le traitait, il ne pouvait s’empêcher d’admirer cette guerrière. Elle dévoila de belles épaules rondes en enlevant ses épaulières, une poitrine généreuse sanglée dans un corset de cuir noir en ôtant sa cape, des hanches dessinées, de longues jambes. Tout ce qu’il rêvait.

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